Résumé

C’est la fin de l’année. Les élèves d’un lycée du Bronx grimpent dans le même bus pour un dernier trajet ensemble avant l’été. Le groupe d’adolescents bruyants et exubérants, avec ses bizuteurs, ses victimes, ses amoureux… évolue et se transforme au fur et à mesure…

Critique

A part quelques scènes filmées avec un smartphone, l’action du film ‘The We and the I’ de Michel Gondry se déroule dans un bus filmé sur son parcours à travers le Bronx à New-York. Ce huis-clos génère une extrême tension sonore, gestuelle -renforcée par le débit ultra-rapide des jeunes lycéens qui se parlent (?), le montage saccadé et le rythme musical de la bande son- dans une atmosphère électrique de défis plus ou moins mytho, bravades et incivilités. Entre deux embrouilles, une jeune fille indique à haute voix le nom des invités à sa soirée et hurle la liste de ceux dont elle ne veut pas, devant ces derniers. L’exclusion du groupe se fait aussi via les réseaux sociaux : malgré leur grande proximité sur les sièges, certains n’ont pas reçu sur leur messagerie la vidéo montrant l’un d’entre eux qui dérape sur un sol glissant et que l’on voit à de nombreuses reprises. Cependant au fur et à mesure que le véhicule se vide, on passe peu à peu de comportements nécessairement agressifs et impitoyables en groupe (‘we’) à des individualités (‘I’) qui finissent par pouvoir s’exprimer.

Lors du trajet agité, il y a un moment de ralenti presque étrange -on pense à une scène de ‘Pain et chocolat’- lorsqu’un jeune admire une cycliste qui roule sur le trottoir, la seule WASP du film (et blonde, à part une perruque dans le bus). Cependant, il serait réducteur de limiter géographiquement ce tableau vivant. Il peut être transposé dans beaucoup d’endroits situés hors du Bronx et du pays. On en retient surtout les aspects générationnels plutôt qu’une peinture sociale. Cela pourrait se résumer à des relations exacerbées entre individus jeunes et régies suivant un rôle assigné par le groupe, un peu à l’image de certaines émissions de téléréalité, très suivies par cette tranche d’âge. On peut se demander : Qui influence qui ?

La forme et le fond sont parfaitement synchrones. Le spectateur a l’impression d’être au milieu de ces survoltés et ne doit donc pas oublier de valider son ticket en entrant dans le film, car la conductrice est la seule à se faire respecter dans ce bus.

Daneel
THE WE AND THE I, de Michel Gondry

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