boat peolple

 

Il a quelques années, j’ai découvert Lampedusa. Deux jours d’escale sur cette petite île au large de la Sicile avant de voguer vers Syracuse, Messine, Palerme. J’ai foulé la plage des lapins de sable blanc , goûté à la bottarga, déambulé le soir sur la via Roma jusqu’au petit matin. Le soleil se levait à l’horizon où pointait la Tunisie de Ben Ali. J’y suis restée une semaine tant la douceur de l’endroit invitait à perdre toute notion du temps. J’étais une touriste bien loin d’imaginer ce qui se passait au large. La vieille du départ, alors que je traînais au bord de l’eau, j’ai aperçu une barque de pêcheur. Ils étaient une vingtaine agglutinés dessus. Ils sont passés à quelques mêtres de moi, ils me dévisageaient : moi sur la terre ferme, eux dans leur coque de noix. Je n’ai jamais su s’ils étaient arrivés à bon port. Cela arrivait de temps à autre. C’était il y a dix ans. En 2013, rien à changé ou si peu. Un nouveau naufrage, trente morts. On en parle. Re-parle. La Libye, la Tunisie devraient faire quelque chose. Arrêter le business des embarcations de fortune. Terraferma d’Emmanuele Crialese abordait le sujet sans misérabilisme dans son très beau film sorti en 2012. Les images terrifiantes des cadavres dérivant sur la plage sont encore nettes dans mon esprit. Comment changer les choses ?

TERRAFERMA d 'Emmanuele Crialese