S’il y a quelque chose de très joli dans la Bd de Julie Maroh, c’est cette couleur bleue en filigrane qui joue à cache cache dans chacune des premières pages. Le bleu des cheveux mais également le bleu par petites touches qui valse dans l’univers sombre de ces deux jeunes filles…

« Mon ange de bleu, Bleu du ciel, Bleu des rivières, Source de vie… »

Car elles sont bien sombres les deux héroïnes de la Bd. Spleen de la fin d’adolescence, doutes, questionnements autour de cette histoire d’amour naissante, le lecteur avance, se butte puis recule à la lecture du « Bleu est une couleur chaude ». Il tourne au rond contrairement au film qui nous emmène loin, très loin ! Peu de suspens, l’histoire est moins structurée, plus sinistre, plus amère. Le cinéaste a conservé un certain nombre d’éléments présents dans la Bd : le rêve érotique, la manifestation, le lait bu au comptoir, les discussions avec le copain homo d’Adèle, la métaphore filée du bleu, les scènes de sexe, tout en réussissant à faire un film hors norme, une tragédie sentimentale d’aujourd’hui, forte et bouleversante.

Le bleu est une couleur chaude de JULIE MAROH