Tristesse club

Résumé

Léon et Bruno sont frères, ça ne saute pas aux yeux. Le décès de leur père leur apparaît à chacun comme une bonne nouvelle bien qu’impliquant leur retrouvaille. Arrivés sur le lieu d ’incinération, ils ne trouvent ni crématorium ni corbillard mais une jeune femme, Chloé, qui se prétend leur sœur. Ils partent ensemble à la recherche du défunt qui ne serait peut-être pas si mort que ça.

Critique

Tristesse Club est un premier film et ça non plus, ça ne saute pas aux yeux. Il faut dire que Vincent Mariette l’ a porté plusieurs années et mis à l’épreuve notamment au travers de réalisations de courts métrages (Le meilleur ami de l’ homme, Double mixte, Les lézards… à voir si vous le pouvez). Il y a rodé ses relations avec son producteur (dont c’est également le premier long métrage), avec son équipe et certains de ses comédiens (Vincent Macaigne, Noémie Lvovsky). Progressivement, il a mis au point la mise en scène la plus adaptée à la précision de ses dialogues, à l’exposition de ses personnages un brin barrés, au ton de son écriture douce-amère et à son goût pour les décors et les accessoires saugrenus (ne manquez pas les détails de décor dans la scène de présentation de Bruno, c’est la caverne d’Ali Baba!). Cette mise en scène est présente, léchée, elle trouve la distance idéale entre la subtilité du second degré et la proximité qui provoque le rire et les larmes.

Tristesse Club, c’est aussi la réunion sans complexe de trois comédiens dont l’association pourrait paraître hasardeuse : Vincent Macaigne, muse des jeunes réalisateurs branchés, Laurent Lafitte le populaire de l’étape (il est aussi pensionnaire de la comédie française mais a réuni plusieurs millions de spectateurs en salle aux côtés de Omar Sy ou Guillaume Canet), et une caution de respectabilité en la personne de Ludivine Sagnier qui, rappelons-le, a tourné avec Chabrol, Miller, Ozon, Honoré… Ces trois-là profitent à plein de l’opportunité qui leur est offerte de sortir de leur case et de se frotter aux registres des autres. Compétition gentille et fertile qui se développent sous nos yeux amusés. Ensemble, ils se lancent à la recherche du père dans une vieille Porsche rouge, se retrouvent confrontés à d’étranges personnages et à de vieux démons.

A quelques rares scènes près, le film réussit parfaitement à naviguer entre le loufoque, l’amertume et l’émotion. Cette dernière surgit finement dans une pénultième scène très belle dont on ne révélera rien mais qui rappelle ces paroles d’Arcade Fire :

When daddy comes home, you always start a fight, So the neighbors can dance in the police disco lights…

A écouter ici

Morgane

 

 

 

 

 

Tristesse Club de Vincent Mariette

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