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Résumé

Paul, un employé sur une plateforme téléphonique, est en plein burn-out.
Un vendredi 13, Jean-Pierre Pernod lance un sujet du journal télévisé sur ce jour particulier qui achève de le déprimer. C’est le signal qu’il attendait pour passer à l’acte. En tenu de cycliste, il décide de gravir la Sainte Victoire pour mettre fin à cette vie qui n’a plus de sens.

Critique

Voilà le sixième film du duo Delépine & Kervern, de ces fratries de cinéma, réelles ou imaginées – Taviani, Cohen, Dardenne – qui ne laissent jamais indifférent. Après Berlin et Cannes, c’est à Venise qu’ils ont présenté « Near Death Experience », ovni cinéphilique et poème filmique mettant en scène Michel Houellebecq, à la fois interprète inattendu et comédien en devenir.

« NDE » est une sorte de défi à la fois à l’industrie culturelle – il a été fabriqué avec une économie de moyens de l’écriture à sa réalisation – mais également à une société de consommation filmée hors champ dont on aperçoit seulement les néons de bistrots, les réverbères tristes au pied desquels passe un chat noir et les sacs de course portés par une famille sans tête.

Au travers d’un geste artistique sûr – beauté des plans et des cadres – le film nous propose un voyage à l’envers, une machine à remonter dans le temps et cela dès le générique de début qui, entre deux coups de tonnerre, est construit comme celui d’une fin en soit. Paul qui a tant de mal à mourir est à la recherche de la mémoire intime de l’homme, cette mémoire perdue de ceux qui ne savent plus ni se chauffer, ni chasser, ni dessiner. A cause de tout ce que nous avons mis en place pour avoir le sentiment de nous porter mieux, s’est construit un monde où nous avons perdu le contact, où le regard porté sur le monde et sur les êtres est devenu froid et superficiel.

Paul en a conscience. Il le reconnaît, au bord du précipice : « C’est là que j’ai merdé, j’ai toujours tout pris au sérieux. J’aurais dû considérer la vie comme ça, une partie de billes entre deux néants».

Au rythme des jours et des nuits qui se succèdent sur les sommets de la Sainte Victoire, au son de la voix envoûtante de Paul qui parle en lui-même et pour le monde, enchaînant confessions, regrets et aveux, « NDE » nous invite, sans détour, à suivre ce qu’écrivait déjà il y a plus de vingt ans Michel Houellebecq : « Rester Vivant ».

Arthur

 

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