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Woody Allen poursuit son tourisme cinématographique latin : après ‘Vicky Cristina Barcelona’, ‘Midnight in Paris’ (quartier… latin) et ‘To Rome with love’, voici la Riviera et la Provence dans son dernier film ‘Magic in the moonlight’. On y retrouve une belle lumière chère aux peintres. Toutefois on n’y perçoit que trop partiellement les extérieurs. Les paysages de la Côte d’Azur semblent floutés dans les plans généraux, comme pour ne pas déranger la reconstitution des années 1920. Est-ce pour cette raison que la séquence en voiture sur la moyenne corniche est filmée en transparence ou pour faire un clin d’œil à ‘La main au collet’ d’Hitchcock ?

Quant à Woody Allen, on peut le retrouver chez plusieurs personnages :

Dans le débit de paroles du magicien anglais, interprété par un Colin Firth (‘Love actually’) très finement British, artiste exigeant, cultivé, content de lui, méprisant ou attachant. Dans l’attitude de son collègue et soi-disant ami, jaloux depuis toujours. Dans les propos du psychanalyste; ce personnage -rarement vu, souvent évoqué par le réalisateur/acteur- perd son mystère et son aura par sa présence dans le film. Dans le personnage de la medium, fausse naïve, jouée par Emma Stone (‘La couleur des sentiments’); comme Woody, elle est américaine (avec des cheveux roux comme était le cinéaste, jeune) et elle raconte de belles histoires à un public séduit d’avance.

Mais tous évoluent durant le film et changent d’opinion. Woody Allen est tous ces personnages. Il n’y a plus de certitudes. Il est à la fois la somme et la synthèse complexe de leurs débats et conflits : la vérité et le mensonge, la réalité et l’illusion, la raison didactique versus les sentiments irrationnels, les philosophes vs. la religion, l’Amérique et l’Europe, …

Cela donne un film plaisant comme des retrouvailles nonchalantes. On a l’illusion de reprendre instantanément une discussion amicale interrompue depuis quelque temps -grâce à des dialogues subtilement ciselés.

Daneel

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