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J’en rêvais depuis un moment, sans jamais oser l’acheter. La grosse boîte cartonnée de Chris Ware « Building Stories » (Delcourt) qui cache 14 albums, 260 pages de formats différents, journaux, posters, panneaux, livres est enfin sur ma table.
Chris Ware est un génie. Ses BD des objets d’art. Ses dessins minimalistes, (inspirés des comics strip des années 50) précis et géométriques, ainsi que ses couleurs, n’appartiennent qu’à lui. Voilà un dessinateur qui casse tous les codes, déroute sans cesse ses lecteurs. Dans « Building Stories » chacun est obligé de construire sa propre histoire (puisqu’il n’y aucune chronologie entre les documents) à l’aide du personnage principal, (une jeune femme de quarante ans vivant en plein coeur de Chicago), dans l’ordre que nous le souhaitons. L’histoire est morcelée. Au lecteur encore de faire le lien, d’imaginer ce qu’il manque, de jouer avec les ruptures narratives et de vivre cette expérience graphique unique. Il faut plusieurs heures pour tout décrypter !
Chris ware dessine parfois des planches sans textes alors l’image prend soudain une force particulière.
A quand son premier film ? Toute collaboration terrifie Chris Ware. Il a découragé des projets d’adaptations dont « Jimmy Corrigan » sa précédente Bd. Chris Ware est persuadé que « Les souvenirs se traduisent en images fixes, et non en mouvements. » Une réponse qui rend son travail encore plus unique !