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Résumé :

Voici « l’histoire vraie » d’un faussaire au talent improbable qui a tromper le monde de l’art à la fin des années 50 et au début des années 60 avec d’énigmatiques tableaux représentant des enfants malheureux aux yeux immenses. Walter Keane est bien déterminé à réussir à n’importe quel prix et sa femme Margaret s’y est résignée, jusqu’au jour où…

Critique :

Je ne pouvais pas me résoudre à ne pas aimer un film de Tim Burton, l’homme capable de passer d’ « Edouard aux mains d’argent », au Pingouin de « Batman » et au monde incertain de « La Planète des Singes ». Je me souviens même de sa magnifique exposition à la Cinémathèque en provenance directe du LACMA.

Et pourtant. Le voilà qui rejoint mon panthéon des réalisateurs « surmenés », de Wong Kar Wai à Steven Soderbergh et son navrant « Contagions » où Marion Cotillard arrivait pourtant à bien mourir. « Big Eyes » est un biopic mêlé au fait divers qui vient tenter de sauver une histoire brinquebalante sans atteindre la niaiserie confondante de tentatives ratées comme vie et mort de Diana.

Sur la forme, Tim Burton filme San Francisco sans beaucoup d’imagination. La reconstitution est parfaite et l’on aperçoit même le Golden Gate. Mais sa vision du début des swinging sixties fait passer la Série « Mad Men » pour du cinéma d’auteur filmé en Technicolor.

Sur le fond, à partir d’un script que Tim Burton n’a pas écrit – à vrai dire il n’a rien écrit depuis 2005 et « Les Noces Funèbres » – s’enchaîne une histoire dont on connaît la fin et pour laquelle les personnages – interprétés par des comédiens éprouvés – peinent à s’incarner à l’écran. Terence Stamp fait un caméo où son visage imperturbable est filmé, comme toujours. Et Christopher Waltz enchaîne grimaces et gesticulations qui lui donnent parfois l’air d’un Louis de Funès égaré.

A trop suivre la ligne du biopic balisé, Tim Burton semble s’assagir et s’égarer. L’ennui s’installe. Et le spectateur est englouti dans les yeux sans fin des enfants égarés. Après « Pee Wee, Big Adventure » et « Big Fish », j’aurais dû me douter que lorsque Tim emploie « Big » dans un titre de film, c’est pour de façon subliminale nous dire « Big Mistake, Little Emotion ».

Arthur A.

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