photo

Ne ratez pas la merveilleuse exposition, « Beauté Congo, 1926-2015 » à la Fondation Cartier ici. Si la peinture est très présente aux côtés de la photographie, de la bande dessinée ou de bandes sonores diverses, il y a notamment au rez-de-chaussé, les maquettes géantes que Bodys Isek Kingelez réalisées avec des matériaux de récupération. Des sculptures complexes, des villes futuristes qui feront rêver les petits et les grands.

Kingelez, qui est décédé cette année, inventait des architectures comme d’autres créés des images. Ses œuvres sont originales et singulières :  « Toute son œuvre est centrée sur une ville utopique, avance André Magnin, le spécialiste de l’art contemporain en Afrique qui l’avait découvert il y a une trentaine d’années. Kingelez vivait au cœur de cette grande métropole Kinshasa, une ville chaotique, anarchique et en même temps si extraordinaire. Toute son œuvre est un engagement esthétique, politique, poétique questionnant la condition humaine. »

Je découvre donc de véritables décors, colorés et singuliers… Et soudain je regrette amèrement que le cinéma- ou le cinéma d’animation – ne s’inspirent pas un peu plus de ce beau travail autour des villes congolaises. Je réalise alors que l’ inexistence des salles de projection, le manque de producteurs et la politique au Congo fait en sorte que le cinéma là-bas n’existe pas ou très peu. Quelle situation désespérante pour ce pays riche et pluridisciplinaire ! Le film « Viva Riva » de Djo Tunda Wa Munga (2012), que j’ai raté au moment de sa sortie en salle il y a trois ans, est sortit en France alors qu’il n’y en avait pas eu d’autres sur nos écrans depuis 25 ans… Cela devait être un évènement pour son réalisateur congolais ! Le film dresse un portrait noir de Kinshasa et évoque, en filigrane, l’histoire récente du Congo. J’ai appris que le réalisateur (Djo Tunda wa Munga) avait mis dix ans pour l’écrire, le réaliser et trouver les 1,8 millions d’euros pour faire le film : Ca aide à relativiser, non ?

Alors rêvons, rêvons encore des maquettes géantes de Bodys Isek Kingelez et rêvons aussi de ne pas a avoir à attendre 25 ans pour découvrir de nouveaux cinéastes congolais…

Géraldine