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Résumé

Margherita est une réalisatrice en plein tournage d’un film dont le rôle principal est tenu par un célèbre acteur américain. À ses questionnements d’artiste engagée, se mêlent des angoisses d’ordre privé : sa mère est à l’hôpital, sa fille en pleine crise d’adolescence. Et son frère, quant à lui, se montre comme toujours irréprochable… Margherita parviendra-t-elle à se sentir à la hauteur, dans son travail comme dans sa famille ?

Critique

Nanni Moretti aborde le sujet de la maladie avec sérieux dans ‘Mia Madre’ -contrairement à son film ‘Caro diario’ (‘Journal intime’) où ce thème autobiographique est traité avec humour. Il joue ici le rôle de Giovanni, frère de Margherita (Margherita Buy, également actrice dans ‘Le Caïman’) perturbée par la maladie de sa mère pendant le tournage de son film.

Ce personnage de réalisatrice exigeante est son double féminin. Il y a un peu d’autodérision lorsqu’elle demande à ses acteurs d’être à la fois le personnage et d’être en décalage vis-à-vis du personnage. Mais l’ironie est surtout dirigée contre l’acteur principal du film dans le film (John Turturro), cabotin qui affiche un CV réel ou inventé avec des réalisateurs prestigieux pour compenser son manque d’implication.

Ce film est-il une autocritique de Nanni Moretti ? Cela ressemble plutôt à un bilan que ferait le réalisateur sur son engagement politique, cinématographique, familial. Des interrogations profondes dans une ambiance complexe de lassitude, de douceur et de gravité.

On trouve de la légèreté dans les scènes familiales avec la fille de la réalisatrice -adolescente qui se demande à quoi sert d’étudier le latin- et dans la scène de fin de tournage avec un John Turturro dansant.

L’humanité que transmet l’actrice Margherita Buy dans ce film lui a permis d’obtenir un David di Donatello (le cinquième !) pour son rôle qui illustre avec délicatesse le difficile équilibre entre vie quotidienne et métiers artistiques.

En tant que spectateur, on souhaite que Nanni Moretti réalisateur oublie l’exemple du personnage qu’il joue (Giovanni -qui choisit d’arrêter de travailler définitivement). La réponse viendra peut-être du personnage de la mère sur son lit d’hôpital : interrogée sur ce à quoi elle est en train de penser, elle répond avec un sourire : « à demain ».

Daneel