Comment as-tu commencé ? Es-tu musicien de formation ?

J’ai commencé la musique avec un groupe de rock au collège: nous avions négociéun local de répétitions contre de bonnes notes qui ne sont jamais vraiment arrivées d’ailleurs ! La batterie fut mon premier instrument puis la basse qui me suit maintenant depuis plus de 10 ans. Ma formation de musicien a commencé au conservatoire et par la suite je me suis orienté vers des cursus privées « d’arrangement musical, d’ingénieur du son et de MAO » (musique assistée par ordinateur).

 

Quel a été ton premier travail pour l’image ? 

En 2007, je crée le label Wewok avec 3 amis de longue date et nous avons eu la chance de composer des musiques de documentaire pour France 2, ce qui fut une belle expérience d’apprentissage pour comprendre cette relation intime entre la musique et l’image.

 

Quand composes-tu ? 

A l’époque, je composai la nuit dans ma cave. Cette sensation où le temps s’arrête et toi tu continues à travailler… Mais je vieillis et mon sommeil est plus précieux ! Aujourd’hui, j’aime composer le matin, mes idées sont fraîches, mais une idée peut venir à tout moment de la journée et pour ça j’enregistre souvent à la volée avec un Dictaphone pour ensuite la concrétiser sur ordinateur, très efficace contre la perte de mémoire !

 

Quelles sont tes influences ?

Petit, je piquai à mes frères et sœurs les albums des Red Hot, Queen, Police, Dire Straits, Pink Floyd et puis il y a eu la belle époque de MTV qui passait beaucoup de rock. J’ai donc plutôt une culture anglo-saxonne de la musique. En tant que compositeur, ma curiosité me pousse vers des styles très variés et ma philosophie est qu’il y a du bon en tout. Aussi Internet étant une fenêtre sur le monde, je l’ouvre beaucoup et mes influences sont en mutations permanentes au gré des découvertes. J’ai un respect sans faille pour toute type de création et je m’en nourris autant que possible.

 

Quel est ton instrument préféré ?

Aujourd’hui, je suis multi instrumentiste et c’est plus en fonction du projet que je me dirige vers tel ou tel instrument. Je dois dire que le piano est assez génial pour le travail de composition en général et à l’image, avoir ce rapport accord/mélodie, installe quelque chose de fort et m’aide a développer un thème par exemple. Aussi, mon approche de la musique est assez large puisque la MAO m’amène à manipuler (virtuellement) toute sorte d’instruments et donc de toujours me laisser surprendre par une nouvelle texture, un nouveau son. Quand je voyage, l’idée de ramener un instrument traditionnel est toujours quelque chose qui m’anime, le dernier en date étant un Charango de Bolivie. En définitive, mon instrument préféré est la découverte !

 

Quand tu composes pour de la fiction, est-ce que tu assistes au mixage ?

J’ essaye au maximum d’être présent à toutes les étapes, le mixage étant très important pour la mise en relief des éléments, je reste attentif à ce travail tout en proposant des idées quand j’en ai.

 

Est-ce que tu écris tes propres orchestrations ? 

L’idée de composer de la musique dans son esprit puis de l’écrire sans avoir touché un instrument est quelque chose qui me fascine. Je n’écris pas la musique, mais compose à l’oreille, avec les moyens techniques d’aujourd’hui. Il m’est donc possible de créer une orchestration classique sur ordinateur pour ensuite éditer une partition afin de la faire interpréter quand l’occasion se présente. Le travail d’arrangement est passionnant avec une dimension artisanale. On construit autour d’une structure toute l’esthétique de l’oeuvre, parfois les idées sont très précises et parfois le tâtonnement crée de bonnes surprises.

 

Quel est le compositeur de musique de films que tu admires ?

J’ai été bercé comme beaucoup par les thèmes d’Ennio Morricone, mais je me sens proche de la sensibilité d’ Erik Satie ou de Philip Glass pour en revenir au piano. Nino Rota est pour moi un formidable exemple de ce travail de composition autour d’un thème.

 

Avec quel réalisateur aimerais-tu travailler ?

Stanley Kubrick mais je crois que la collaboration s’annonce compliquée ! J’ai de l’admiration pour pas mal de réalisateurs tant la richesse se trouve dans la différence que chacun peut avoir.

 

Quels sont tes prochains projets ?

Il y a ce projet avec un réalisateur sourd avec qui nous avons déjà collaboré et dont l’idée est d’adapter à l’image et en musique des poèmes de Jacques Prévert, projet qui s’annonce passionnant ! Aussi, nous développons au sein de Wewok, notre boîte de production, des projets aussi variés que le développement musical d’artistes que nous représentons, la commande de chansons pour des interprètes dont nous réalisons parfois les albums, la composition de musiques à l’image, que ce soit pour des films de fiction ou des films institutionnels, des publicités et du multimédia plus largement.

Nous avons ainsi plusieurs casquettes. Notre rôle d’éditeur est toujours de trouver une exploitation idéale à nos différentes oeuvres musicales.

Propos recueillis par Géraldine Lemaître Renault